La pandémie a fait grimper les troubles mentaux de 25% dans le monde

En octobre 2021, l’Organisation mondiale de la santé a rapporté une augmentation de 25% des troubles mentaux dans le monde, directement liée à la pandémie de Covid-19. Un quart de plus. Ce chiffre ne concerne pas quelques cas isolés : il traduit un basculement collectif, celui d’une société entière qui a vu ses repères vaciller en quelques mois.
Cette donnée modifie le regard porté sur l’anxiété et la fatigue psychique. Elles ne relèvent pas d’une faiblesse individuelle, d’un manque de volonté ou d’un défaut de caractère. Ce sont des réactions compréhensibles à un contexte hors norme : isolement, incertitude, deuils, bouleversement des routines. Quand un tel phénomène touche autant de monde à la fois, la question de la responsabilité personnelle perd beaucoup de sa pertinence.
Et ce phénomène ne se limite pas aux crises aiguës. Il touche le quotidien le plus banal. Le sommeil devient plus léger ou plus court. Le travail, déjà exigeant, pèse davantage quand les réserves nerveuses sont entamées. Le lien social, lui, se distend : on repousse un appel, on décline une invitation, puis les semaines passent.
Savoir que beaucoup de gens vivent ces signaux aide à les prendre au sérieux sans dramatiser. Vous pouvez reconnaître une fatigue psychique comme vous reconnaîtriez une fatigue physique : un signal à écouter, pas un échec à cacher. Cette lecture plus juste rend possibles les gestes simples et les ressources détaillés plus bas.
Soutien Psy, lancé en janvier 2022, permet d’accéder gratuitement à un professionnel
En janvier 2022, le gouvernement français a lancé une campagne de sensibilisation à la santé mentale, notamment à travers le site « Soutien Psy », qui donne accès à des ressources et à des professionnels. Le but est court : raccourcir le chemin entre quelqu’un qui va mal et l’aide dont il a besoin. Le débat autour de la psychologie en ligne rappelle d’ailleurs que ces dispositifs évoluent vite et méritent d’être suivis de près.
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Voici comment procéder concrètement :
- Repérez vos besoins: fatigue persistante, sommeil perturbé, irritabilité, perte d’envie. Noter ce que vous ressentez pendant quelques jours aide à formuler votre demande.
- Consultez le site Soutien Psy pour accéder aux ressources et aux professionnels référencés.
- Identifiez l’interlocuteur adapté à votre situation parmi ceux proposés.
- Prenez contact sans attendre que la situation se dégrade : un premier échange suffit pour faire le point.
- Gardez une trace de vos démarches et de vos questions pour le premier rendez-vous.
Vérifiez toujours, au moment de votre démarche, les conditions de prise en charge en vigueur, car elles peuvent évoluer.
Retenez surtout ceci : demander de l’aide est banal et ça aide. La campagne de 2022 part justement de ce constat : si le recours à un professionnel est banalisé, il intervient plus tôt et plus efficacement. Personne n’a besoin d’être « au fond du trou » pour mériter un accompagnement. Une fatigue qui traîne, une tristesse qui ne part pas : c’est déjà assez pour pousser la porte.
Les professionnels à consulter : psychologue, psychiatre ou médecin traitant, lequel choisir ?

Quand on va mal, le plus dur est souvent de savoir vers qui se tourner. Chaque professionnel a un rôle distinct et le bon choix dépend de ce que vous traversez. Le tableau ci-dessous donne quelques repères. Les tarifs et taux de remboursement sont indicatifs : ils varient selon les professionnels, les régions et les dispositifs en vigueur.
| Professionnel | Rôle principal | Tarif indicatif | Remboursement |
|---|---|---|---|
| Médecin généraliste | Premier contact, évaluation, orientation, suivi global | Autour de 30€ la consultation | Pris en charge par l’Assurance maladie, complété par la mutuelle |
| Psychologue | Écoute, psychothérapie, accompagnement des difficultés émotionnelles | De 50 à 80€ la séance en libéral | Variable : selon les dispositifs, à vérifier avant le rendez-vous |
| Psychiatre | Diagnostic médical, prescription de traitements si nécessaire | Autour de 50 à 60€ en secteur 1, plus en secteur 2 | Remboursé comme une consultation médicale |
| Infirmier en pratique avancée | Suivi de patients, coordination avec l’équipe médicale | Selon le cadre d’exercice | Selon le dispositif et la structure |
Pour la plupart des gens, le médecin traitant constitue la meilleure porte d’entrée : il connaît votre historique, peut écarter une cause physique et vous orienter. Le psychologue convient aux difficultés émotionnelles, au stress ou aux épisodes de vie éprouvants. Le psychiatre intervient quand un avis médical ou un traitement entre en jeu. Au moindre doute, commencez par le généraliste : il vous aiguillera.
Cinq habitudes quotidiennes qui protègent votre équilibre psychique
Après la hausse de 25% des troubles mentaux relevée par l’OMS, croire que seule la consultation compte serait une erreur. Les gestes du quotidien servent de base. Ils ne remplacent pas un suivi, mais ils rendent l’esprit plus solide. Cinq habitudes méritent d’être installées :
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- Un rythme de sommeil régulier: se coucher et se lever à heures proches, y compris le week-end. La régularité compte autant que la durée.
- De l’activité physique douce: une marche de 20 à 30 minutes, un peu d’étirements, du vélo. Inutile de viser la performance, le mouvement suffit à relâcher les tensions.
- Des pauses sans écran: quelques minutes toutes les heures de travail et une coupure avant le coucher. Regarder par la fenêtre, boire un verre d’eau, respirer.
- Le maintien du lien social: un appel, un café, un message à quelqu’un qu’on n’a pas vu depuis longtemps. L’isolement s’installe doucement, le lien se cultive de la même façon.
- Une gestion du stress au travail: fixer des limites d’horaires, prioriser deux ou trois tâches par jour, oser dire quand la charge devient excessive.
Ces pratiques visent directement ce que la pandémie a fragilisé : le sommeil, le travail, les liens. Elles ne demandent ni budget ni matériel, seulement un peu de constance. Choisissez-en une seule pour commencer, installez-la deux semaines, puis ajoutez la suivante. un programme ambitieux abandonné au bout de trois jours.
Le gouvernement a investi 17 millions d’euros pour le soutien psychologique des jeunes, à qui profite cet effort ?
Fin 2022, le Ministère de la Santé a annoncé un investissement de 17 millions d’euros destiné au soutien psychologique des jeunes. Ce choix de public se comprend : étudiants et adolescents ont été exposés de plein fouet aux confinements, aux cours à distance, à la perte de repères sociaux à un âge où ils se construisent justement à travers les autres.
Concrètement, un tel financement vise à faciliter l’accès à une écoute et à des consultations pour des publics qui hésitent souvent à franchir le pas, faute de moyens ou d’information. Pour un étudiant qui jongle entre un petit budget et un emploi du temps chargé, ou pour un adolescent qui n’ose pas en parler à ses parents, un dispositif identifié et accessible peut faire la différence entre un malaise qui s’enkyste et une aide trouvée à temps. La réflexion sur les besoins des Français en santé mentale montre d’ailleurs combien la demande reste vaste.
Reste une limite, qu’il faut regarder en face : 17 millions d’euros ne suffisent pas à absorber à eux seuls une demande qui a explosé. Les délais d’attente, la répartition inégale des professionnels sur le territoire et la méconnaissance des dispositifs freinent encore l’accès aux soins. Cet effort donne un signal et un début de réponse, mais pas la solution complète. Pour les familles et les jeunes concernés, le réflexe utile consiste à s’informer auprès de son établissement, de son médecin ou des services de santé universitaires afin de repérer ce qui existe près de chez soi.
Faut-il consulter dès les premiers signes de mal-être ?
À partir de quand consulter ?
Dès que le malaise dure ou s’installe : sommeil perturbé pendant plusieurs semaines, perte d’intérêt pour ce qui vous plaisait, irritabilité inhabituelle, difficulté à vous concentrer. Inutile d’attendre une crise. Un premier rendez-vous permet justement de faire le point et d’éviter que la situation ne s’aggrave.
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La thérapie est-elle remboursée ?
Cela dépend du professionnel et du dispositif utilisé. Une consultation chez un médecin généraliste ou un psychiatre est prise en charge par l’Assurance maladie, avec un complément possible par votre mutuelle. Pour un psychologue, les conditions varient. Le plus sûr est de poser la question avant le rendez-vous et de vous renseigner sur les ressources publiques comme le site Soutien Psy.
Comment aider un proche en détresse ?
Écoutez sans juger ni minimiser, évitez les « ressaisis-toi » et proposez de l’accompagner dans une démarche : chercher un professionnel, prendre rendez-vous, être présent le jour J. Si la personne parle de se faire du mal, contactez rapidement un médecin ou les services d’urgence. Vous n’êtes pas là pour soigner. Votre rôle est de conduire la personne vers ceux qui en ont le métier.
Prendre soin de sa santé mentale ne doit plus attendre la crise
Mon avis est tranché : réagir trop tard. On ne s’imagine pas attendre une fracture pour se soucier de sa santé physique, ni refuser de se brosser les dents parce qu’on n’a pas encore de carie. La santé mentale mérite le même traitement. Les 25% de hausse des troubles documentés par l’OMS en octobre 2021 en sont la démonstration : un problème qui touche un quart de personnes en plus ne peut plus rester tabou ou reporté.
Il faut pour cela changer un peu de façon de voir les choses. Entretenir son sommeil, bouger, couper les écrans, rester en lien, poser des limites au travail : ces gestes n’ont rien de spectaculaire, mais ils s’additionnent. Et lorsque cela ne suffit pas, consulter n’est ni un luxe ni un aveu d’échec, c’est une réaction raisonnable, soutenu aujourd’hui par des ressources publiques comme Soutien Psy et par des investissements ciblés vers les plus jeunes.
Astuce à appliquer dès ce soir: avant de vous coucher, notez en deux lignes ce qui a pesé dans votre journée et une chose qui s’est bien passée. En moins de trois minutes, vous posez vos pensées sur le papier au lieu de les ruminer et vous repérez au fil des semaines ce qui fatigue réellement votre équilibre. Si le même motif revient souvent, c’est un bon sujet à aborder avec votre médecin traitant.
